Forums
 
Forums  ›  Défouloirs  ›  Coups de coeur
 

La peine de mort

Ce mercredi 10 octobre était la date anniversaire de la loi de 1981 abolissant la peine de mort. A cette occasion, Le Monde a publié le récit de la dernière exécution capitale en France, le 10 septembre 1977 . "Cet homme va mourir, il est lucide" : le récit de l'exécution du dernier guillotiné de France

Cela fait un peu plus de 36 ans que Hamida Djandoubi est mort. Ce Tunisien de 31 ans est le dernier à avoir été guillotiné en France et dans le monde. A l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort . Le Monde a publié le "procès-verbal" intime d'une magistrate qui était commise d'office pour assister à l'exécution http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/10/09/c-est-a-ce-moment-qu-il-commence-a-realiser-que-c-est-fini_3492565_3232.html. Rédigé par la juge d'instruction Monique Mabelly (1924-2012), le document de trois pages, remis par Robert Badinter au quotidien du soir, raconte les dernières minutes du condamné à mort.

10 septembre 1977, à la prison des Beaumettes à Marseille. Hamida Djandoubi vit ses derniers instants. Il a été condamné à mort pour assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation" de sa maîtresse Elisabeth Bousquet.

Ce matin-là, la juge d'instruction Monique Mabelly, entourée de "gardiens", de "personnalités" et de l'avocat général, attend le condamné qui va être guillotiné dans les trente minutes à venir. Le condamné, encore dans sa cellule, ne le sait pas. En effet, "si la décision du président de la République est connue des officiels depuis la veille, l'exécution a été tenue secrète, comme toujours, pour épargner une nuit d'affolement et de calvaire au condamné", écrit l'historien Jean-Yves Le Naour dans son ouvrage Le dernier guillotiné, publié en 2011*.

hamida-djandoubi-guillotine-le-10-septem

"Il commence à réaliser que c'est fini"

On va chercher le condamné. "Il est jeune. Les cheveux très noirs, bien coiffés. (...) Il n'a rien d'un débile, ni d'une brute", écrit la magistrate. Assis sur une chaise, Hamida Djandoubi fume une première cigarette, puis une deuxième. "C'est à ce moment que je vois qu'il commence vraiment à réaliser que c'est fini - qu'il ne peut plus échapper-, que c'est là que sa vie, que les instants qui lui restent à vivre dureront tant que durera cette cigarette", raconte la juge d'instruction, décrivant l'attente interminable. "Cet homme va mourir, il est lucide, il sait qu'il ne peut rien faire d'autre que de retarder la fin de quelques minutes".

"J'entends un bruit sourd. Je me retourne (...) du sang très rouge"

Le condamné demande une troisième cigarette qui lui est refusée. Des gardiens "préparent" le détenu en découpant sa chemise pour dégager sa nuque.  "Les gardiens ouvrent une porte dans le couloir. La guillotine apparaît, face à la porte (...) Tout va très vite, poursuit la narratrice. Le corps est presque jeté à plat ventre (...) J'entends un bruit sourd. Je me retourne - du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge -, le corps a basculé dans le panier. En une seconde, une vie a été tranchée. L'homme qui parlait, moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier".

Ces quelques lignes ont été jetées sur le papier à l'aube, juste après l'exécution. Les derniers mots de Monique Mabelly : "J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide".

ton sujet me donne envie de relire le pull over rouge, a la fin du livre on se demande si le condamné était coupable ou innocent ? et pourtant le couperet est tombé. Ce sujet sur le forum est intéressant car il nous permet de réfléchir au delà de nos convictions personnelles  sur l'utilité ou non de la peine capitale.

donc bonne réflexion a tous,

Merci pour l'article