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Un îlot de liberté

Le naturisme, un îlot de liberté

Les clubs de naturisme d’Alsace ouvrent leurs portes ce week-end. Les adeptes de ce qui est un style de vie, voire une philosophie, seront sur place pour en parler. À l’opposé de tout préjugé, il est question de respect, tant de l’environnement que de soi-même et des autres.

Aujourd'hui 05:00 par Textes : Catherine Chenciner , actualisé Hier à 23:17 Vu 3308 fois
Au camping de Réguisheim où les touristes viennent installer leurs tentes et où nombre d’Alsaciens ont leur caravane à l’année.Archives  L’Alsace/ Denis Sollier Au camping de Réguisheim où les touristes viennent installer leurs tentes et où nombre d’Alsaciens ont leur caravane à l’année.Archives  L’Alsace/ Denis Sollier
 

S’il y a bien un loisir familial, ce sont les vacances en plein air, en centre ou au camping naturiste. Gilbert Schalck, président régional et administrateur de la fédération nationale, aime à le rappeler de façon à écarter d’emblée l’amalgame avec toute pratique libertine. Et c’est bien ainsi que le vivent Nathalie et Odile, respectivement 49 et 45 ans, abonnées toute l’année et depuis leur plus tendre enfance au Club du Soleil de Mulhouse, dont les installations sont situées à Réguis-heim, en plus de profiter ponctuellement d’autres cadres verdoyants.

« Saint-Pierre-la-Mer, près de Narbonne, c’étaient mes plus belles vacances , se souvient Odile. Cela a toujours fait partie de mon éducation. Mon père quittait son short le premier jour et ne le remettait que pour reprendre la route ! » Un « pur et dur » , comme elles en conviennent dans un sourire.

« Le soir, on met une petite laine ! »

« Pour la plupart, quand il fait froid le soir, on met une petite laine ! » , précise Nathalie. C’est toute « une philosophie de vie » méconnue qu’elles partagent volontiers, alors que les non-adeptes, les « textiles » , ont rarement l’audace de les interroger .

« On ne m’en parle pas , confirme Gilbert Schalck. Pour certains, la nudité c’est honteux, ils imaginent un côté voyeur. » Pourtant, répète Odile, « il y a un esprit famille. Entre nous, on ne subit pas le regard des autres. C’est en société, quand on est habillés, qu’on est jugés. J’étais complexée, le naturisme m’a donné confiance en moi, m’a fait aller de l’avant. » Sa fille, qui a évité ces séjours pendant un an, comme d’autres au moment de l’adolescence, est revenue d’elle-même. « Je n’ai pas insisté, elle a compris. »

Le naturisme est une habitude contractée dans l’enfance qui se transmet de génération en génération et parfois aux conjoints. « C’est la seule concession que j’ai demandée à mon mari , poursuit Odile. Ma vieille caravane près de l’Ill, c’est mon îlot de décompression, une liberté qu’on n’a pas dans la vie de tous les jours. Lui venait d’une famille coincée, mais il s’est très vite adapté. » De même l’époux de Nathalie a suivi sans difficulté et, désormais, ce sont ses petits-enfants qu’elle aimerait emmener en vacances.

« On n’a plus jamais fait autre chose »

Installés en pleine nature, au bord d’une rivière ou de la mer, nécessairement protégés des voitures et des regards extérieurs, les sites naturistes sont un espace idéal de liberté pour les plus jeunes. « On était plusieurs familles avec des enfants du même âge, on se retrouvait entre nous » , raconte Nathalie, dont la maman Brigitte organisait « des jeux pour 80 gamins » à Réguisheim. « Gilbert a été l’un des créateurs du camping, nous, on a aidé à le construire. On a travaillé toute notre jeunesse », glisse son père Marcel. Brigitte et lui ont découvert le naturisme avec de la famille près de Paris avant de s’apercevoir qu’une telle structure venait d’ouvrir à deux pas de chez eux. « On est allés voir et on n’a plus jamais fait autre chose, c’est devenu comme un réflexe. »

Tous s’accordent sur le fait qu’il est « impensable de garder un maillot de bain qui colle » et même difficile « de remettre des habits ensuite ». Ils évoquent le plaisir de l’eau sur la peau, le bien-être dans la nature. Ils ajoutent, en passant, surtout ces dames, que les bagages sont légers et la corvée de linge considérablement réduite…

Les parents de Nathalie relèvent aussi « l’ambiance collective » , un autre rapport aux autres. « Au début, il y avait beaucoup de médecins, de gens bien. On ne faisait pas la différence, tout le monde se tutoyait. » C e n’est plus tout à fait pareil aujourd’hui, concèdent-ils. Comme partout ailleurs, les jeunes s’engagent moins dans les clubs et les nouveaux adhérents sont, selon, les termes de Nathalie, « plus utilitaristes » que sensibles à la philosophie initiale.

« Retour aux sources »

Aussi, tous les curieux sont invités à se renseigner sur place et même encouragés à questionner les habitués, à l’occasion des journées portes ouvertes (lire ci-dessous). Odile, entre au-tres, se fera sans nul doute un plaisir d’expliquer en quoi la pratique « a du bon » : « Aujourd’hui, on speede, on court de plus en plus après le matérialisme. Le naturisme est à l’opposé, c’est vivre simplement, c’est un retour aux sources. »

Source : http://www.lalsace.fr