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Si vous voulez profiter de l'expérience à fond,..

«Si vous voulez profiter de l'expérience à fond, il faut que vous enleviez vos vêtements, ça va vous libérer, vous verrez.» Pas facile de se résoudre à abandonner ses habits, de revenir à son état naturel face à de parfaits inconnus. Avant même de céder à cette idée, de surmonter la gêne du regard de l'autre, il convient de décider où poser le sien. Quand un bout de tissu s'interpose toujours entre les yeux et la partie la plus intime de son voisin, rien n'est évident une fois qu'il a disparu.

 

Ce ne sera pas pour cette fois. Dans la nature qui entoure le domaine de l'Églantière, il y aura ce jour, une quinzaine de marcheurs «à poil» et un intrus, entièrement vêtu.

Encombrant bout de tissu

C'est le propriétaire du camping en personne qui sert de guide. Tous les lundis durant la saison, il propose à ses pensionnaires de passer quelques heures à marcher dans la nature. Une partie se fait dans le domaine, une autre à l'extérieur.

Dans d'autres campings naturistes, quand une activité similaire est proposée, le chemin emprunté est balisé à l'avance. «Je n'ai jamais souhaité en arriver là, explique Xavier Feraut. Notre but n'est pas d'agresser l'autre, c'est pourquoi nous nous promenons toujours avec une serviette que nous pouvons mettre pour cacher ce qui doit l'être si on croise quelqu'un. Baliser reviendrait à dire qu'ici, si les gens le souhaitent, ils peuvent voir des naturistes randonner. Ce n'est pas ce que l'on souhaite. Pour l'instant, nous n'avons jamais eu de problème.»

Quand Xavier était plus jeune, il a goûté au naturisme avec ses parents. Le sentiment de liberté qu'il a alors ressenti ne l'a jamais quitté. «Aujourd'hui, quand je me baigne avec un maillot, je suis systématiquement gêné. C'est fou ce qu'un petit bout de tissu peut être encombrant quand on a pris l'habitude de s'en passer.»

Dans la troupe de randonneurs nus, c'est plus ou moins la même histoire pour tout le monde. Une fois essayé, le naturisme est aussitôt adopté. «On a tenté le nudisme il y a plusieurs années, confie ce couple de septuagénaires. Depuis, tous les étés, on n'imagine pas nos vacances autrement.»

Ceux-là sont déjà venus à l'Églantière et sont devenus des fidèles. D'autres découvrent ce camping calé à la frontière du Gers et des Hautes-Pyrénées : «Ça va faire bientôt 20 ans qu'on teste tous les ans un camping naturiste différent, expliquent ces deux quinquas, mais cette fois, on pourrait bien revenir. On adore l'esprit et la philosophie qui règnent ici. Ça nous correspond.» Présents depuis plus de deux semaines, c'est déjà la troisième fois qu'ils font cette promenade de quelques kilomètres avec les nouveaux arrivants. Ils se sont tout de suite bien entendus avec le propriétaire des lieux. «Ici, ils ont une façon d'appréhender le naturisme que nous partageons.» Un naturisme tourné vers… la nature, tout simplement, vers la simplicité des choses, le respect et la connaissance de son environnement. C'est ainsi qu'au menu du restaurant du camping, on trouve essentiellement du local et du bio. On peut aussi y demander des produits sans gluten.

Question d'habitude

«Plus ça va, plus le naturisme change d'image. L'époque est en train de faire évoluer ça. On se rend compte maintenant que les principes initiaux du naturisme rejoignent pas mal de tendances actuelles. C'est ce qui attire les jeunes dans le naturisme aujourd'hui», constate Xavier Féraut.

Sur ces terres qu'il a toujours connues, il maîtrise parfaitement son sujet. Les petites anecdotes s'enchaînent, en français, en anglais. L'allemand et le hollandais ne lui font pas davantage peur. Quid de l'espagnol ? «Ne m'en parlez pas ! C'est mon talon d'Achille. Je n'y arrive pas avec cette langue et ça me rend fou. Chaque fois que je me rends en Espagne, pas moyen de me faire comprendre !»

Source : https://www.ladepeche.fr/article/2018/07/29/2843429-dans-les-pas-des-adeptes-de-la-randonue.html