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R. Enthoven : "Il y a quelque chose de liberticide

Raphaël Enthoven : "Il y a quelque chose de liberticide de la part des naturistes eux-mêmes"

Raphaël Enthoven

Raphaël EnthovenISA HARSIN/SIPA

Non, nous ne cherchons pas à provoquer, disent-ils. Les naturistes pratiquent une philosophie empreinte de non-violence et de tolérance. Mais le philosophe Raphaël Enthoven a une autre analyse, beaucoup plus critique. Interview.

Paris Match. La mairie de Paris a autorisé en 2016 une zone naturiste dans le bois de Vincennes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?Raphaël Enthoven. Que la zone soit désignée comme telle, c’est-à-dire que les non-naturistes n’y soient pas contraints ou soient prévenus avant de s’y trouver, cela me semble naturel et ne me pose aucun problème. Je n’ai rien à contester, je ne suis pas un engagé antinaturiste. Lutter contre le naturisme, ce serait comme lutter contre la nudité.

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Les naturistes souhaitent occuper de plus en plus l’espace public. A Paris, récemment, une visite du Palais de Tokyo a été organisée, un restaurant a été ouvert… Pour vous, ce naturisme en ville est-il inconcevable ?Son inscription dans la cité est en contradiction avec la liberté que nous avons, c’est-à-dire celle qui s’arrête là ou commence celle des autres. Je m’explique : il ne s’agit pas d’occuper un endroit mais de le transformer en spectacle, de faire la promotion d’une démarche, d’imposer à des gens ce qu’ils n’ont pas envie de voir. Il y a quelque chose de liberticide de la part des naturistes eux-mêmes.

Chacun se connaît nu ; surtout, c’est une illusion historique

Il y a pourtant un message de libération dans la philosophie naturiste. N’êtes-vous pas séduit par cela ?Non, je ne suis pas séduit. Il faut revenir au mot même de naturisme. Il se présente comme un retour à la nature que l’on aurait perdue, qui se serait perdue dans le recouvrement du corps. Or, il s’agit là d’une nature imaginaire. L’idée que, en amont des vêtements, c’est-à-dire en amont de la civilisation, dans un espace où l’amour-propre n’aurait pas encore pris le pouvoir, les gens seraient dans l’ingénuité de leur corps et de leur cœur, en paix les uns avec les autres me semble une construction imaginaire. Les naturistes sont rousseauistes, ils postulent que l’entrée dans la civilisation, c’est-à-dire les bonnes manières, les civilités, les vêtements, tout ce qui relève de la pudeur, est un déni de notre nature véritable. Il faudrait rendre la mémoire aux humains habillés que nous sommes en nous rappelant la nudité. Mais ils n’ont rien à rappeler ! Chacun se connaît nu ; surtout, c’est une illusion historique.

Quand vous avez 6 ou 7 ans, que vous êtes entouré d’adultes nus, vous vous trouvez exactement à hauteur de tous ces tuyaux terrifiants que vous n’avez pas envie qu’on vous impose mais que l’on vous met quasiment sous les yeux

Une illusion historique ?Oui. Le naturisme est une métaphore : nous sommes séparés de nous-mêmes et de notre véritable personne par les préjugés que la civilisation dépose en chacun de nous. Ces préjugés seraient des effets de pouvoir. Nous serions séparés des autres, séparés de la vérité, de l’authenticité ou de l’ingénuité par ces vêtements. C’est à cette idée-là que je n’adhère pas. Je n’ai jamais vu d’homme authentique où que ce soit. C’est une grande illusion : l’idée qu’en balayant les apparences, le paraître, on révèle l’être. Le naturisme est pris tout entier là-dedans. Camus parle de “protestants de la chair” car il voit en eux quelque chose de coercitif. Une sorte de morale obligatoire. Et j’aime d’autant plus la critique de Camus que lui-même adorait se baigner nu. En revanche, la nudité obligatoire et la neutralisation des zones du corps qu’on recouvre ordinairement d’un voile pudique, leur neutralisation sexuelle, sentimentale, affective, érotique, Camus la déteste. Le problème du naturisme est l’indifférenciation des parties du corps. On regarde une verge comme on regarde un poignet.

Vous avez dit : “Le monde est rendu à la neutralité des animaux qui s’ignorent quand ils ne s’accouplent pas.” Mais chez les humains, les interactions sociales dépassent l’accouplement.Je désigne ici le fait que les organes qu’on laisse voir à ses femmes et à ses docteurs, comme le chantait Brassens, deviennent soudain anodins. Comme c’est un effet de la civilisation de considérer que les organes de la reproduction sont des éléments dont le spectacle n’est pas innocent. Eh bien, chez les naturistes, l’idée d’un retour à l’innocence passe par l’action de rendre anodins les organes de la reproduction. Et c’est tout le problème : le naturisme comme idéologie laisse peu de place à l’intimité. Moi, je suis naturismophobe parce que je passais mes vacances dans des lieux où les gens étaient nus. Et quand vous avez 6 ou 7 ans, que vous êtes entouré d’adultes nus, vous vous trouvez exactement à hauteur de tous ces tuyaux terrifiants que vous n’avez pas envie qu’on vous impose mais que l’on vous met quasiment sous les yeux.

Si nous étions transparents, il n’y aurait plus rien à voir

On vous a vraiment imposé un tel spectacle ?Oui. On m’a imposé ce spectacle en feignant de ne pas le faire. On m’a imposé deux choses. La première : être à hauteur de sexes d’adultes. L’adulte a beau désexualiser la chose, reste que pour un enfant il n’y a rien de désexualisé là-dedans. Il y a mystère, interrogation, terreur, effroi… Et, à 7 ans, vous êtes confronté au spectacle que vous n’avez pas demandé d’avoir sous les yeux, de ces organes différenciés, gigantesques… La seconde chose : vous êtes sommé vous-même d’être nu puisque l’on considère que, à votre âge, ce n’est pas grave, que vous n’avez pas voix au chapitre. Donc vous êtes à la fois impressionné, humilié naturellement, et dans une situation détestable pour un enfant. La désexualisation du corps n’est pas admise pour un enfant, on la présuppose. Il y a là un paradoxe, le rêve d’une humanité rendue à son enfance aux dépens des enfants. C’est l’une des choses les plus désagréables qu’un enfant puisse connaître.

La nudité n’est-elle pas la chose la plus naturelle du monde ?Je ne sais pas ce qui est naturel. Si c’est ce qui est en amont de la vie en société, quand vous naissez, vous êtes déjà emballé, votre nudité est déjà recouverte par des vêtements. Je ne crois pas à l’antécédence de la nudité, c’est-à-dire un état où nous serions initialement nus. Je crois même que, quand on est nu, on ne l’est pas. Si vous étiez nu, je ne verrais pas tout, je ne verrais pas ce que la peau dissimule. Le fantasme d’être nu est celui d’être transparent. Si nous étions transparents, il n’y aurait plus rien à voir. L’idée d’une pureté native, à laquelle on aurait accès en renonçant aux artifices vestimentaires, est fantasmatique. Que ce soit naturel, je le veux bien, mais que la nature serve de norme, ça devient un problème. Et puis, dire que c’est naturel est dangereux si par naturel on entend ce qui est bon. Ce qui me gêne dans le naturisme, ce n’est pas la nudité, c’est la nudité comme règle et comme solution.

Le postulat du naturisme, c’est que la vie en société est une amnésie

En quoi est-elle différente du vêtement comme règle ?Elle se vit comme un antidote au vêtement alors qu’elle ne l’est pas. Comme le rêve d’un monde rendu à sa pureté alors qu’elle est l’expression d’une vie en société ; et, au fond, c’est aussi un vêtement, un recouvrement.

On vous répondra que la nudité efface les distinctions sociales, que les relations nouées sont plus justes, plus intimes…On est dans la perspective archiclassique d’un retour aux vraies valeurs, d’une célébration de l’authenticité dans une société qui l’aurait oubliée. Le postulat du naturisme, c’est que la vie en société est une amnésie où nous aurions oublié, désappris le langage de la nature. Nous serions devenus trop savants pour le comprendre. C’est hypocrite et, surtout, ça donne bonne conscience à celui qui l’éprouve, ce qui est le sommet de l’hypocrisie. Quand on est naturiste, on croit qu’on a raison.

Source : https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Raphael-Enthoven-Il-y-a-quelque-chose-de-liberticide-de-la-part-des-naturistes-eux-memes-1566544

Surprenant et parfois effrayant cette reflexion d'un cul beni élevé dans la pudibonderie.

Pourquoi vouloir ècrire sur un sujet qu'on ne connait pas !

Et en plus, si certaines choses sont vraies sur l'analyse de fond, c'est qu'il ne s'aperçoit même pas lui même qu'il se créé des barrières seul...

Nous serions séparés des autres, séparés de la vérité, de l’authenticité ou de l’ingénuité par ces vêtements. C’est à cette idée-là que je n’adhère pas. Je n’ai jamais vu d’homme authentique où que ce soit.

Les naturistes ne revendiquent rien. Ils veulent simplement un peu d'espace et le respect qui leurs est du. Rien de plus.

Il part dans des trucs le gars... je sais pas ou il va chercher ses "analyses"... Maintenant, tout le monde peut penser ce qu'il veut, ça ne changera rien.

Pour les gamins, je suis personnellement contre le fait de les emmener en centres ou plages. C'est mon opinion.

C'est un choix d'adulte. Faut pas mélanger et la ou il a raison, cela peut être mal vécu.

Mais bon sur le fond, effectivement, il parle d'une pratique qu'il ne connait pas, c'est clair...

Hugo - La bonne humeur est une politesse... !

Je crois que n'étant pas naturiste  lui même, il s'est lancé dans une fiction appuyée de différents recherches.

Le résultat n'a ni queue ni tête et pas cohérent.