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Le naturisme avec vue sur la Loire

Vous voyez le Cap d’Agde ? Eh bien, ce n’est pas pareil. Direction le repaire naturiste à une demi-heure de Saint-Étienne, pour une immersion dans un mode de vie à part.

 

C’est l’heure de l’apéro au Dorier. Le soleil passe derrière les cimes des pins. Mais, si son reflet est magnifique sur la Loire en contrebas, les degrés sont tombés au camping. On a beau se trouver à la buvette du club naturiste de Saint-Victor, certains ont pris une petite laine. Pas question de prendre froid, juste pour rester nu. Yves a enfilé un t-shirt. Seulement un t-shirt, le reste est à l’air libre. Monique, elle, ne se pare que d’un léger voile. Jean-Luc, le président du club, pose une serviette sur sa chaise avant de s’asseoir. Lui, reste nu. Il y a des hommes, des femmes, en couples ou non. Il y a même des enfants, qui doivent être accompagnés par des adultes de leur famille. Des corps jeunes et d’autres plus âgés. Des corps, à égalité. « Ici, l’uniforme, c’est la peau nue », suggère Jean-Luc, qui est venu au Dorier par lassitude de devoir « faire des bornes pour trouver une plage ou un camping ». Le vice-président, Henry, quant à lui, a découvert le naturisme de façon épisodique lorsqu’il vivait à Saint-Martin. C’est dans l’avion qui le ramenait en métropole qu’il a rencontré un adhérent du camping ligérien. 

Mots voilés

Tout le monde s’accorde pour dire que le goût de la nature, l’égalité entre tous, « l’esprit familial » sont les maîtres mots des lieux. Pourtant, la pudeur est parfois au rendez-vous, dans cet environnement si libertaire (pas libertin, ici on n’est pas nudiste). Cathie peine à trouver ses mots quand elle évoque « le complexe de nombreux hommes, qui peut rendre le naturisme plus compliqué pour eux que pour les femmes ». Jean-Luc, lui aussi, rit jaune quand on utilise l’expression « à poil ». Il bafouille en tentant de distinguer nudisme et naturisme. Bien-sûr, personne ne veut entendre parler de nudisme, ici. Pourtant, il a du mal à qualifier les « débordements » qui existent au Cap d’Agde ou sur d’autres plages et camping nudistes, où l’objectif est, selon Cathie, « d’avoir une plastique parfaite ». Les allusions sont claires, mais les mots voilés. 

Le plaisir de la nature

Ce que Cathie prône, c’est le calme naturel de l’endroit, « en rupture avec le mode de vie hyperactif » de tous les jours. Elle rigole quand elle repense à sa douche, il y a quelques jours, prise avec le loir ». « Le » loir, celui qui vit au camping, comme les oiseaux qui y ont leurs mangeoires. Pour Yves, c’est aussi une nouvelle forme d’échange entre les gens. « Les positions sociales s’effacent quand on se parle nus ». Cathie et Yves sont des habitués, comme 80 % des usagers du Dorier. Au même titre que ceux qui jouent aux boules et ceux qui font leur vaisselle. Ils ont un abonnement et laissent leur caravane à l’année. Et puis, il y a les « passagers », comme Jérôme. Il travaille sur un chantier dans les environs. Pendant un mois, plutôt que d’aller à l’hôtel, il profite du camping et du soleil qui brunit sa peau tatouée. Il est habitué à la nudité et puis… « Ça fait tellement bien après une journée sur un chantier ! » 

Le paréo, quelques heures seulement

Le confort est primordial au Dorier. Le visage de Henry s’éclaire quand il se rappelle d’un pot d’ouverture du camping durant lequel les élus et voisins étaient invités. « On s’était habillés pour les recevoir. Mais enfin, quand ils sont partis, on a pu se déshabiller et ça faisait du bien parce qu’il faisait super chaud. » Même histoire pour la fille de Cathie, qui, dans un magasin, a commencé à se déshabiller parce qu’elle avait trop chaud. « Il va falloir qu’elle comprenne que ce n’est pas possible », admet sa mère. Au camping de Saint-Victor, on est reçu par un saisonnier habillé. Mais si on veut faire une visite, il faut se déshabiller, quitte à enfiler un paréo. « Le plus souvent, ça ne dure que quelques heures et après on se retrouve nu », rétorque le président du club, juste avant de refermer le portail. Il a entouré une serviette autour de sa taille. 

P.S. 

  • Monique, pionnière sans tabou
    Monique a 74 ans. Sa peau constellée par un vitiligo, elle l’expose au soleil qui filtre entre les branches, devant sa caravane. En 1974, elle a participé à la création du camping du Dorier. Comprendre : elle a installé sa caravane, ainsi que deux autres naturistes des environs, sur un terrain en friche. Habitués de la Robertane à Saint-Genest-Lerpt, ils ont été séduits par la vue plongeante sur la Loire. « Mais à l’époque, ça ne se faisait pas du tout ! Alors on couchait avec les fusils. » Elle se souvient de certains hommes qui n’hésitaient pas à se cacher derrière les broussailles pour se rincer l’œil. « Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas », se félicite-t-elle, en clignant ses jolis yeux maquillés. Pourtant, sa petite-fille de 23 ans ne comprend pas qu’elle puisse « exposer sa peau comme ça ». En cause, il y a peut-être les abus qu’on peut constater sur certaines plages nudistes et qui « peuvent traumatiser », admet la retraitée. Mais, comme partout, c’est une question de savoir-vivre. « À Serignan, par exemple, c’est cher, mais il y a une certaine éducation."

Source : http://www.zoomdici.fr/actualite/Le-naturisme-avec-vue-sur-la-Loire-id166275.html

Merci Casimir, encore une belle publication !

boss