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«Ça fait du bien de se sentir libre»

Adeline, 37 ans, naturiste : «Ça fait du bien de se sentir libre»

 

Le naturisme compte de plus en plus d'adeptes, comme Adeline, 37 ans. Décryptage de ce phénomène avec un expert.

Elle a découvert le naturisme il y a trois ans, pendant des vacances estivales avec des amis dans les Landes. « Ils m'ont proposé de les rejoindre au centre Euronat et, même si le naturisme n'était pas du tout dans mes habitudes, j'ai bien apprécié, raconte Adeline, 37 ans. Je suis ni une accro ni une militante mais, quand l'occasion se présente, j'y vais ! »

 

Mère célibataire, ancienne graphiste reconvertie dans la production et la vente de légumes bio dans l'Orne, en Normandie, elle s'est offert, à l'occasion d'un séjour parisien, une journée nature et détente, début juillet, au centre francilien Héliomonde avec son fils, Raphaël, 4 ans. « Nus, on se sent libre, sans contrainte... et ça fait du bien. C'est une vraie coupure avec la vie quotidienne. Et puis l'atmosphère qui règne ici est plus tranquille que dans des campings ou des centres de vacances traditionnels. C'est difficile à comprendre pour les non-pratiquants, mais on est bien moins observé et moins jugé ici nu qu'habillé ailleurs. »

 

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La jeune femme apprécie également l'absence totale d'agressivité entre tous les résidants, quel que soit leur âge ou leur niveau social. « Le fait d'être nus nous rend plus fragile physiquement, presque sans défense. Du coup, il y a une ambiance de solidarité, d'attention vis-à-vis de chacun que l'on ne ressent curieusement que dans un centre naturiste et pas ailleurs. »

 

 

«L'Etat le plus proche du corps au naturel»

Hubert Prolongeau, auteur de «Couvrez ce sein»

 

Journaliste et écrivain, Hubert Prolongeau, 53 ans, vient d'éditer « Couvrez ce sein... : la Nudité dans tous ses états », un essai (12 €, chez Robert Laffont).
 
Pourquoi y a-t-il encore autant de fantasmes vis-à-vis du naturisme chez les non-adeptes ?
Hubert Prolongeau. A chaque fois que j'en parle, mes interlocuteurs se sentent obligés de se positionner sur le sujet. Et beaucoup disent : « Moi, jamais ! » Il y a un poids culturel certain. Pour la majorité d'entre nous, le nu est associé au sexuel. La réalité est différente car on se met nu plus souvent pour d'autres raisons : pour dormir, pour se laver ou pendant une visite médicale, par exemple. L'image du naturisme reste également encore un peu floue médiatiquement. L'inévitable séquence libertine et « hot » sur le Cap-d'Agde occulte le reste de la réalité du naturisme, fait de respect de soi, d'autrui et de la nature.
 
Avez-vous compris, au cours de votre enquête, d'où vient le besoin des naturistes de partager socialement leur nudité avec d'autres ?
Pour les naturistes, être nu, c'est l'habillement zéro, c'est l'état du corps au plus proche du naturel. Ils sont nus seuls, chez eux, mais se retrouvent également entre eux dans des lieux adaptés car il est tout simplement interdit de le faire dans l'espace public. Tous ne partagent d'ailleurs pas les mêmes valeurs du naturisme. Il y a deux écoles : celle du naturisme philosophique, écolo et volontairement proche de la nature, et celle des hédonistes qui vivent la nudité principalement parce qu'ils trouvent cela agréable, sans ériger leur pratique en quasi-religion.
 
Assiste-t-on à un renouvellement de la population pratiquante avec davantage de jeunes ?
Oui. Les « purs et durs », adeptes depuis les années 1960 et 1970, sont moins influents dans les centres de vacances. Les règles s'y adoucissent petit à petit. Le fameux cliché de personnes entièrement nues en train de choisir des fruits et des légumes dans la supérette de leur camping a quasiment disparu. Il y a davantage de tolérance avec les vacanciers qui ne sont pas 100 % naturistes. Les gens s'habillent d'ailleurs de plus en plus, surtout pour dîner et pour les soirées pendant lesquelles, vêtements remis, ils s'autorisent alors à rejouer le jeu de la séduction qu'ils s'interdisent pendant la journée.

 

 

Source : Le Parisien